Groove Lélé
Les Origines

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C’est dans le quartier de Beaufonds à Saint Benoît, que Julien Ernest Philéas, plus connu sous le nom de Granmoun Lélé, naît le 28 février 1930, d’une mère bata-malgache et d’un père kaf-malbar , tous deux ouvriers à l’usine Beaufonds.
Influencé par son grand-père Arsène Madia, Lélé commence à chanter lors des sèrvis kabarés où il se fait connaître. Marchant sur les traces de son père en devenant ajusteur, puis patron-cuiseur, il composera plus de deux cent chansons inspirées de sa vie à l’usine et de sa famille, de la religion de son père qui était danseur-jako, d’amour et de sèrvis kabarés.
Connu dans ces sèrvis où il s’accompagne de ses enfants, il enregistre son premier disque intitulé « l’autonomie » en 1974. En 1981, le nouveau gouvernement permet la résurrection du maloya qui se popularise, et la troupe se produit lors de petits événements dans l’Est. Mais Lélé aura le temps de prendre sa retraite au bout de trente-deux ans de service à l’usine avant de prendre son véritable envol.

C’est en 1992 que Christian Mousset, fondateur des Musiques Métisses d’Angoulême, sous le charme de l’artiste, décide de faire venir la troupe à Angoulême pour une série de concerts et profite de leur présence pour les faire enregistrer leur premier album « Namouniman ».
S’enchaîneront les concerts à travers l’Europe et la France jusqu’en 1995, où il enregistre son second album Soleye. Des tournées françaises (New Morning, Zénith, Divan du Monde, Passage du Nord-Ouest – avec Césaria Evora, Maurane – entre autres -) et mondiales sont dès lors programmées ; la Scandinavie, Japon, Brésil et Amérique du Nord. « Dann Ker Lélé », le troisième opus, est enregistré à nouveau en métropole en 1998, et les tournées se poursuivent en Afrique dans une dizaine de pays et en Inde. Son authenticité musicale interpelle les médias nationaux puisqu’il est interviewé par de nombreux journaux et personnalités : Jean-Louis Foulquier, Maison de la Radio, Libération (qui lui décerne « le choc de la musique »), et Le Monde.
Il se verra par ailleurs médaillé d’honneur de la ville d’Angoulême en présence du ministre de la Culture, Monsieur Douste-Blazy.
En 2003 enfin, il enregistre son ultime CD, avec la participation de son ami Eusèbe Jaojoby, où il réinterprète le titre « Namouniman ».

Dans un devoir de transmission, depuis la disparition de leur père en 2004, les enfants perpétuent la mémoire musicale en reprenant les titres de l’artiste influençant leurs propres compositions. Le 20 décembre 2008, lors de la célébration de l’abolition de l’esclavage, le conservatoire de la ville de Saint Benoît a été baptisé Centre Granmoun Lélé pour honorer la carrière de Julien Ernest Philéas dit « Granmoun Lélé », un artiste incontournable de la culture réunionnaise et de la World Music.

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